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Aujourd'hui j'ai été très vilaine; ou lettre ouverte à toi, petit voyageur du métro le matin...

Le 10 octobre 2013, 21:50 dans Humeurs 6

... Et plus particulièrement si tu es un habitué de la ligne 12, aux alentours de 8h3o au départ de St-Lazare

     Alors tout d'abord je m'adresse à toi, petit être de sexe féminin qui nous a tous regardé monter dans le wagon, après coup bondé, l'arrière-train royalement étalé sur le strapontin. J'entends alors bruyamment soupirer derrière moi, je me retourne, & c'est encore ta face de petit être que je vois me fixer avec un air abruti & condescendant parce que je t'ai légèrement frôlée. Excuse-moi si tu es restée le cul assis alors que nous autres, gueux, étions serrés comme des sardines en train de faire de l'apnée. Mais pense à remercier ta bonne étoile qui m'a empêchée de te désintégrer sur place grâce à mon méga laser caché dans mon sac à main qui enflamme puis explose tout ce qu'il touche. Non mais !
Puis je me souviens de toi aussi, sombre idiot qui m'a cogné la trombine contre la barre parce que tu voulais être le premier à descendre à la station suivante. N'aie crainte la prochaine fois, avec ta gueule en travaux & ta sueur quand même anormalement forte un beau matin quasi hivernal, personne n'aurait eu l'idée saugrenue de te kidnapper dans le wagon. Mais ne recommence plus jamais ce geste malheureux. Sinon je me verrai dans l'obligation de dégainer ma scie électrique & une bande d'étudiants américains pourrait facilement (ou pas) témoigner que ça fait quand même un peu mal de se faire trancher vivant (oui, j'ai vu Massacre à la tronçonneuse !)
J'ai aussi une pensée pour toi petite connasse qui a jugé utile de nous faire part de ta conversation téléphonique de pucelle à 8h35. Plus jamais tu ne hurleras dans mes oreilles à peine réveillées que M.Bidule est un gros con avec ses interro' surprises (fallait réviser, pauvre cloche) & que ton amoureux tout aussi prépubère que toi n'a pas répondu à ton sms depuis hier soir (tu n'as encore rien vu de l'ingratitude masculine). Parce que la prochaine fois, sache que je n'hésiterai pas à fracasser ton cellulaire contre la vitre avant de te faire avaler chaque morceau de ton appareil, un à un. De gré ou de force.

     Et si l'on ajoute aux regards désespérément désespérants de tous les autres voyageurs, la fatigue & les quelques excès de la veille, j'avoue que j'étais un tout petit peu en train de craquer intérieurement. Grand soulagement quand le métro me dépose enfin saine & sauve à ma station. L'âme d'un yamakasi prend alors possession de mon corps & je zigzague élégamment entre les stupides parigots (oups, pléonasme) & sors. L I B E R T E. Je m'avance d'un pas serein & à la fois déterminé vers les deux portes battantes qui indiquent la sortie. Je les retiens gentiment pour l'homme qui me suit & il me lance un regard noir (que je ne m'explique pas) avant un long & profond "Pffffffffffffffffffffffffffffff" Je m'arrête. Pourquoi t'as fait ça Môsieur ? Pourquoi ?
Sans mon laser & ma scie électrique, il ne me reste que mes bras. Sans vraiment réfléchir, je l'attrape part le col de sa chemise repassée & prête depuis la veille, le pousse en arrière & prends bien soin de lui claquer la porte sur la tronche.
Faut pas pousser mémé dans les orties non plus !
J'ai continué ma route sous une pluie d'injures au loin; j'ai hésité un bref instant pour savoir si j'avais le temps de me retourner & de terminer le travail, mais non. 9h10. Je n'avais plus que cinq ridicules minutes pour choper mon café & fumer ma clope bien méritée. Puis en plus j'étais en talons, pas le temps de marcher pour rien (ça fait mal aux gambettes au bout d'un moment !)

Alors voilà. J'ai craqué.

A toi, vieil idiot que j'ai un peu affiché dans toute la station de métro, je te présente mes excuses. Je sais que tu ne liras jamais ces lignes mais j'y tiens. Je n'aurais pas dû & je le sais. J'ai tenté une expérience ce matin. Mon homme me disait l'autre jour "arrête de t'énerver aussi facilement, essaie d'ignorer les nazes un jour." Ce que j'ai décidé d'appliquer ce matin. Au fond tu n'étais qu'un naze mal élevé parmi d'autre. Mais ça t'aurais arraché la gueule de juste dire Merci

Je reviens demain matin, ami du métro. On oublie & on devient amis ? Allez, on sourit. Je te jure que ça va bien se passer ;-) 

Lectrices, lecteurs, notez que je suis un amour de chou à la crème anglaise. J'ai eu une journée sans, comme dirait l'autre que je ne connais pas. Mais à force, j'admets que le manque de respect, de politesse, commence légèrement à me briser les noix (que je n'ai pas, mais c'est pour l'image voyons !)

Coup de coeur du lundi, Irvine Welsh. Ecrivain.

Le 7 octobre 2013, 10:54 dans Humeurs 7

     Mais avant de connaître, d'aimer, d'adorer Irvine Welsh, j'ai découvert un film. On m'a un jour dit "'faut absolument que tu vois ce film, c'est mon préféré, tu vas adorer !" Alors impatiente de découvrir un nouveau film, & sans doute un peu plus gaie qu'à l'accoutumée grâce aux petits verres de vin dégustés juste avant, je sautille sur place & mon divin postérieur s'installe confortablement sur le canapé. Défile alors à l'écran, une histoire fichtrement tordue & lucide à base de drogues, d'amitié plus ou moins stable, & d'un regard réaliste & très dur sur la nouvelle génération écossaise, perdue dans un pays en pleine dépression économique. Tout cela rythmé à une cadence folle & mené par un Ewan McGregor absolument extraordinaire (d'ailleurs pour les fans de Grey's Anatomy, le Dr Hunt est aussi de la partie; un vrai junkie ! Si, si, si !) La légende de Trainspotting était enfin née dans mon myocarde.
     Le lendemain je me rue sur wikipédia -à chacun ses amis- histoire de faire des recherches sur les acteurs, le réalisateur... & puis je lis "adapté d'un roman du même nom, publié par Irvine Welsh en 1993." Alors je tape Irvine Welsh sur google -un autre ami fidèle- & découvre qu'il est écrivain & même qu'il a écrit une suite à Trainspotting. Porno. J'adore déjà. Le titre m'inspire (chassez-moi ces pensées obsènes de vos esprits, bande de petits pervers) & puis je suis tombée amoureuse de Mark Renton alors il me faut impérativement lire la suite de ses aventures, vous comprenez. Je veux, j'exige de lire cette suite & illico presto. Depuis j'ai enchaîné sur Ecstasy, Glu, Recettes intimes de Grands Chefs, & suis actuellement en train de dévorer Une Ordure.

     J'ai eu un peu de mal à me laisser entraîner par l'histoire de ce dernier roman. Ce que j'ai toujours aimé avec Seigneur Welsh est sa façon bien trash, vulgaire, lucide, de dépeindre une génération un peu perdue dans une Ecosse post-Thatcher quelque peu déprimée (déprimante ?), bien souvent au sein d'une bande, d'un groupe de junkies, plus ou moins amis. Entre fourberies & autres coups un brin foireux, les hommes d'Irvine Welsh finissent toujours par se retrouver autour d'une dizaine de pintes ou de quelques rails. Du sexe, de la drogue. Les deux thèmes que l'on retrouve à chaque fois sur fond social. Une Ordure est d'abord le récit d'un flic condescendant, vicieux, & sale. Dégueulasse serait sans doute le terme adéquat. Pourtant j'ai fini par m'attacher à ce personnage & à cette histoire qui m'a demandée un peu de temps avant d'y arriver. J'aime la plume grossière & en même temps fluide de Welsh. J'aime ses personnages torturés puis défigurés par la coke (essentiellement) & l'alcool. 
Bref, j'aime quoi. J'adore même.
Pour les curieuses/curieux, je vous conseille toutefois de ne pas commencer par Une Ordure, si vous souhaitez réellement apprendre à découvrir l'univers du Maître du Trash. Je songerais davantage à Ecstasy ou Glu, par exemple.

Sur ces belles & profondes paroles, je dois filer & remplir les bols de croquettes. Mes boules poilues à quatre pattes se fichent pas mal de mes coups de coeur...
(& puis comme j'ai bientôt terminé mon bouquin, si vous avez des petites choses à me conseiller je suis preneuse !)

Il a divorcé et j'ai avorté. Et puis... d'autres choses aussi !

Le 25 septembre 2013, 11:08 dans Humeurs 7

     Après avoir pleuré & hurlé de douleur durant plus de deux heure & m'être vidée de mon sang dans les water closet de l'hôpital, j'ai avorté, enfin. Oui. Mille excuses pour les détails; je me sentais obligée de partager cela avec vous (âmes sensibles... je sais, j'aurais pu vous prévenir avant ! Mais keep smiling, la suite de cet article est bien chouette, qu'on se le dise !)
     Parce que ça bouge un peu en banlieue proche de Paname. Chips Chéri a divorcé hier. Je pensais que tout changerait, que je me sentirais alors plus à l'aise parfois, dans la rue, ou en présence de sa progéniture d'à peine trois ans. Mais non. Rien n'a changé. Je crois que je le serai enfin lorsqu'il aura parlé à celle qui a partagé son lit pendant dix ans. C'est amusant quand on se dit que j'ai d'ailleurs dix ans de moins que Chips... Ou alors ça n'amuse que moi. Bref. J'aime être avec lui, j'aime vivre avec lui deux à trois semaines par mois. J'aime que mes chats vivent avec nous deux à trois semaines par mois alors qu'il est allergique. J'aime quand on savoure un haut-médoc '96, nos postérieurs royalement posés sur le canapé devant un film qu'on met en pause toutes les sept secondes pour discuter, s'embrasser, mais discuter quand même.
Parmi les choses qui bougent un peu dans la banlieue toute proche de la ville de l'amour, de la pollution, des crottes de chiens, & des pigeons domestiques, il y aussi la fac. Parce que j'ai décidé de poursuivre mes études. Sur un coup de tête. Mais il se trouve que pour certaines raisons, j'ai besoin de continuer à travailler; j'ai donc choisi l'option des études à distance. L'administration de ladite fac à distance m'a envoyée un email le quatre septembre pour m'annoncer qu'elle avait reçu mon dossier. Great, merci de me rassurer un mois après l'envoi de mon énorme enveloppe marron. Puis voilà que précisément vingt jours plus tard, la même administration me renvoie un email pour me dire qu'il est complet. Parce qu'il a fallu quasi trois semaines pour se rendre compte après réception du dossier qu'il était complet. Normal. Reste plus qu'à attendre le prochain mail pour savoir si mon dossier est enfin accepté ou non. 
Il y a des choses qui m'échappent parfois. Vraiment. Je vous assure, on ne dirait pas comme ça mais si, si, si !


Elle, c'est Ploc.

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